Les oreilles décollées ne sont pas une malformation, mais une variante de la normale, très diversement vécue selon des critères personnels et sociologiques. On entend par oreilles décollées toute anomalie ayant pour conséquence une augmentation de la distance séparant le bord libre de l'oreille (hélix) de la paroi crânienne en regard.
Parfois mal supportée chez l'adulte, elle l'est surtout chez l'enfant soumis aux moqueries, les oreilles proéminentes ont fait très tôt l'objet de corrections chirurgicales, qui ont évolué au fur et à mesure de la meilleure compréhension de la déformation et des forces s'exerçant sur le cartilage armant le pavillon de l'oreille, permettant actuellement un résultat optimal et naturel. 

Un examen médical est nécessaire afin de poser l'indication et la technique chirurgicale adaptée :
Trois variétés d'oreilles décollées- une anomalie de la jonction pavillon-conduit auditif externe qui décolle en bloc un pavillon aux reliefs normaux
- une hypertrophie de la conque (partie creuse du pavillon)
- un défaut de plicature de l'anthélix (partie périphérique de l'oreille).
L'examen permet également l'analyse des ressorts cartilagineux, de la qualité du tégument cutané, du caractère global ou limité du décollement et d'éventuelles asymétries entre les deux oreilles du même patient.
Un examen photographique est systématiquement pratiqué.
Le désir d'une otoplastie survient en général chez le jeune enfant en proie aux railleries de ses camarades. Plus que le désir des parents, c'est la demande de l'enfant qui constitue l'indication de choix
Quelque soit l'âge, l'intervention est parfois récusée chez les sujets dont l'instabilité émotionnelle ou les désirs irréalistes feront d'éternels insatisfaits.
Compte tenu de la croissance du pavillon, l'âge minimal d'intervention se situe vers 7 ans.
Les antécédents d'otite moyenne aiguë ne constituent pas une contre - indication.
Une demande d'entente préalable permet la prise en charge de l'intervention par la Sécurité Sociale, notamment chez l'enfant de moins de 16 ans.
Le bilan pré-opératoire comporte un bilan biologique et une consultation avec le médecin anesthésiste afin de dépister d'éventuelles contre-indications lorsqu'une anesthésie générale est programmée.
L'anesthésie peut être :- de type anesthésie locale, éventuellement " potentialisée " : il s'agit là du mode le plus employé chez l'adulte ;
- d'une anesthésie générale, avec intubation trachéale, quasi systématique chez l'enfant.
Les techniques chirurgicales :- Un shampooing antiseptique est réalisé la veille, de même qu'un nettoyage soigneux des circonvolutions auriculaires.
- La quasi-totalité des chirurgiens pratique leur incision à la face postérieure du pavillon, à proximité du pli auriculaire postérieur, ce qui permet de dissimuler totalement la cicatrice.
- L'exposition des différentes structures de l'oreille (cartilages, muscles, peau) permet en fonction de la déformation en cause de remodeler l'oreille. Les différentes techniques associent en règle divers procédés de suture cartilagineuse, avec ou sans fragilisation ou résection de cartilage.
- La suture cutanée est réalisée en ou deux plans, sans tension, par un surjet ou des points séparés.
- Un pansement moulé sur les différents reliefs de l'oreille et recouvert d'une bande est mis en place.
Les suites opératoires :- L'hospitalisation est ambulatoire en cas d'anesthésie locale et de 1 à 2 jours en cas d'anesthésie générale.
- Le pansement est refait le lendemain de l'intervention, selon les cas, il sera refait ou se limitera au port d'un bandeau large pendant 10 jours, servant à protéger l'oreille et faire diminuer l'oedème plus rapidement.
- Les fils sont retirés entre le 8ème et le 10ème jour.
- Le port d'un bandeau large pendant la nuit est recommandé, notamment chez l'enfant, pendant les trois semaines suivant l'intervention.
- Le port des lunettes est autorisé en vérifiant que le point d'appui des montures ne porte pas sur la cicatrice.
- Un shampooing est possible dès le lendemain de l'intervention.
- Dans les 3 mois qui suivent l'intervention, les sports de contact (judo, rugby...) sont contre-indiqués, de même que les bains de mer et de piscine sans port de bonnet.
- Un traitement médical est habituellement prescrit afin de limiter l'oedème et une éventuelle sensation douloureuse.
Risques et complications :- Hématome : rare et localisé. Son signe d'appel, la douleur, est inconstant, c'est pourquoi la vérification du pansement s'impose le lendemain de l'intervention. Son traitement nécessité son évacuation chirurgicale avec hémostase, un pansement compressif et une couverture antibiotique.
- Infection : le plus souvent due à un hématome négligé.
- Cicatrices chéloïdes : rares, elles apparaissent parfois plusieurs mois après l'intervention, ce qui nécessite un contrôle systématique et prolongé auprès du chirurgien.
- Les autres complications sont beaucoup plus rares : extériorisation des sutures, désunion, voire nécrose (le plus souvent dans un contexte infectieux négligé).
- Le pavillon de l'oreille reste habituellement sensible pendant plusieurs semaines.
Résultats : Le résultat de l'intervention est acquis dans les 15 jours qui suivent l'intervention après disparition de l'oedème. Une discrète asymétrie entre les deux oreilles, le plus souvent prévisible en pré-opératoire peut persister.
Il arrive que certaines retouches soient nécessaires en cas de récidive ou de modification morphologique, il s'agit là de rares éventualités et qui correspondent le plus souvent à des gestes opératoires simples.
Prends rendez-vous chez un ORL, qui te dira ce que tu dois faire, et sache que l'operation est remboursée par la securité sociale. 